Les choix politiques de Burnham révèlent le Premier ministre qu’il aspire à être
Samael.lol – Andy Burnham a longtemps gardé le silence concernant les orientations qu’il comptait suivre une fois installé au 10 Downing Street. Cependant, nous disposons désormais d’éléments plus précis sur ses priorités et sur l’image du chef du gouvernement qu’il souhaite incarner. Sa première déclaration officielle, effectuée avant même de franchir le seuil du 10, concernait la question des sans-abri. Dans un courriel adressé aux membres du Parti travailliste, peu après son allocution, il a affirmé :
Nous allons mettre fin à l’itinérance dans ce pays dès la première occasion. Les gens m’ont dit que cela prendrait des décennies. Certains affirment que c’est impossible. Je ne suis pas d’accord avec cela.
Cette déclaration, selon lui,
démontre exactement le type de gouvernement que j’ai l’intention de diriger
.
Le Manchesterisme au service de la nation
Cette initiative s’inscrit dans la promotion de ce qu’il appelle le « Manchesterisme », une approche qu’il souhaite étendre à l’ensemble du Royaume-Uni. En sa qualité de maire de la Grande Manchester, il avait fait de la réduction de l’itinérance une priorité dès son élection en 2017. Bien que ses objectifs d’éradication pour 2020 n’aient pas été pleinement atteints, les chiffres ont considérablement baissé par rapport à il y a dix ans. Cette décision vise également à rassurer les membres et les sympathisants du Parti travailliste : lorsqu’il a promis d’être
authentiquement travailliste
, il le pensait sincèrement. Il se positionne comme un défenseur des plus pauvres et des plus vulnérables de la société britannique.
Cette annonce devrait plaire à l’aile gauche du Parti travailliste. En 2023, l’ancien leader Jeremy Corbyn avait révélé qu’il prévoyait de faire une déclaration similaire lors de son premier jour en tant que Premier ministre. Toutefois, cette mesure est susceptible d’être accueillie favorablement par toutes les factions du parti, ce qui n’est pas le cas de toutes ses politiques prévues.
Des mesures économiques audacieuses
Dans les jours à venir, il devrait modifier la position du gouvernement concernant l’exploitation des hydrocarbures, avec un nouveau secrétaire à l’énergie à la tête du ministère. Certains députés travaillistes inquiets de la montée du Parti vert pourraient craindre que cette orientation ne dilue l’engagement du gouvernement envers la neutralité carbone. Une autre promesse concerne le coût de la vie, avec davantage de détails prévus pour demain sur l’« espace de respiration » offert aux familles confrontées à des difficultés financières.
L’extension du plafond des tarifs de bus à 2 livres sterling, tel qu’il existe à Manchester, constituerait une mesure concrète et distincte du plafond de 3 livres sterling sous Keir Starmer et Rachel Reeves. Compte tenu de la remontée des prix de l’énergie, des actions supplémentaires sont possibles. Miatta Fahnbulleh, ancienne ministre, travaille depuis plusieurs semaines sur des options politiques. À la tête de la think tank New Economic Foundation, elle plaide pour des mesures plus ambitieuses, allant du contrôle des loyers à la gratuité totale des transports en commun pour les moins de 25 ans.
Une vision économique plus large
La question demeure de savoir si Andy Burnham ira au-delà de l’annonce de politiques spécifiques pour présenter une vision plus globale. Il a indiqué dans son discours qu’il préciserait le financement des mesures liées au coût de la vie. Souhaitera-t-il avancer l’argument selon lequel les impôts sur le revenu sont trop élevés tandis que les impôts sur la richesse sont insuffisants ? Pourrait-il développer les propositions formulées dans une interview au Times, en promettant de relever les seuils d’imposition pour les contribuables au taux de base, tout en augmentant l’impôt sur les plus-values ?
Il s’est engagé à respecter les règles fiscales de Rachel Reeves, qui limitent la dette et l’emprunt. Il est donc probable que la stratégie repose sur une
réaffectation
des dépenses existantes plutôt que sur l’apport de nouveaux fonds. Cela peut néanmoins révéler beaucoup sur sa manière de gouverner. Plus largement, Andy Burnham n’a pas cherché à surestimer les attentes. Il a promis bien plus qu’un simple ajustement : un nouveau modèle économique, marquant la fin d’une ère caractérisée par la centralisation, la privatisation et la désindustrialisation. Tout comme la lutte contre l’itinérance signale sa position auprès des membres du parti, il devra bientôt présenter des politiques symboliques qui révéleront aux électeurs et aux marchés quelle sera la réalité économique derrière la rhétorique radicale.
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