Trump et l’Iran : malgré ses menaces, les négociations restent essentielles
Samael.lol – Donald Trump fait face à un dilemme stratégique majeur concernant l’Iran. Bien que son ton ait été particulièrement tonitruant ces derniers jours, le président américain semble n’avoir d’autre choix que de poursuivre les discussions avec Téhéran. Cette réalité a été confirmée lors du sommet de l’OTAN en Turquie, où Trump a exprimé son mécontentement envers le régime iranien tout en reconnaissant la nécessité de maintenir le dialogue.
« Je ne veux plus traiter avec eux, ce sont des ordures. Vous savez ce que c’est que des ordures ? Ce sont des ordures. Ce sont des gens malades. Ils sont dirigés par des gens malades. Et ce sont des gens vicieux et violents. » Ces propos virulents de Trump ont été suivis d’une autre déclaration : « S’ils avaient une arme nucléaire, ils l’utiliseraient. Pour moi, c’est terminé. »
Les contradictions de Trump sur l’Iran
Cependant, ces affirmations agressives ne signifient pas nécessairement la fin des pourparlers entre Washington et Téhéran. Le président américain a maintenu un commentaire continu concernant le conflit et le mémorandum d’entente (MOU) actuellement en négociation. Ses paroles ont oscillé entre les déclarations de victoire et les menaces d’anéantissement de la civilisation iranienne, jusqu’à manifester un soutien clair aux négociations avec l’Iran.
Plus tard dans la journée, Trump a renforcé ses dernières menaces, affirmant que les États-Unis « vont probablement les frapper plus durement encore ce soir », précisant : « Je leur ai donné un petit avertissement. Nous allons les frapper fort ce soir. »
« Je ne m’en soucie pas, ils peuvent discuter. Mais je pense qu’ils perdent leur temps. »
La capacité militaire américaine à infliger de lourds dégâts à l’Iran ne fait aucun doute. Cependant, cette puissance de feu n’a pas réussi à briser la volonté du régime iranien de retirer aucune de ses exigences fondamentales, notamment le contrôle de la navigation dans le détroit d’Ormuz. Cette situation confirme que Trump doit accepter les négociations.
Le contexte crucial des négociations américano-iraniennes
Sous ses attaques verbales les plus récentes se cachait une acceptation implicite que les pourparlers avec l’Iran se poursuivraient. Ceux-ci avaient été suspendus pendant que Téhéran traversait plusieurs jours de funérailles pour son ancien leader suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué par Israël et les États-Unis le premier jour de la guerre, le 28 février.
Lorsqu’on a demandé à Trump si l’échange de frappes entre les États-Unis et l’Iran — et par extension certains alliés arabes américains dans le Golfe — signifiait la fin des discussions, il a fait référence à ses principaux négociateurs, Steve Witkoff et Jared Kushner. « Je ne m’en soucie pas, ils peuvent discuter. Mais je pense qu’ils perdent leur temps. » Puis, concernant le régime iranien : « Ce sont une bande de menteurs. »
Cela peut être interprété comme une autre reconnaissance que le président des États-Unis, malgré toute sa bravade, n’a pas meilleure option que les négociations avec l’Iran. Avec Israël, les États-Unis avaient tenté et échoué à détruire le régime iranien.
L’enjeu stratégique du détroit d’Ormuz pour l’Iran
Au cœur des dernières échanges militaires entre l’Iran et les États-Unis se trouve la détermination du régime de Téhéran à ne pas revenir à la situation antérieure aux attaques américaines et israéliennes du 28 février. Le régime iranien est déterminé à conserver le contrôle du détroit d’Ormuz, élément vital pour ses négociations.
La capacité d’arrêter le transport maritime de biens essentiels, incluant un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, lui donne une emprise considérable sur l’économie mondiale. C’est une arme beaucoup plus utilisable que la possibilité qu’elle tente de développer une arme nucléaire. Cette position forte renforce la main de l’Iran dans les négociations avec Trump.
L’Iran n’acceptera pas de céder le contrôle du détroit d’Ormuz. C’est pourquoi elle est prête à risquer le MOU — qui est chargé de nombreux avantages potentiels pour l’Iran — pour faire comprendre qu’il n’y a pas de retour en arrière. Elle est disposée à parier sur une guerre continue pour protéger ce qu’elle considère comme ses droits stratégiques dans le détroit.
Un régime iranien renforcé par l’échec des attaques
Le régime de Téhéran a été encouragé par l’échec des États-Unis et d’Israël à le détruire. Les rituels funéraires du leader suprême, tué lors du lancement de leur campagne, ont démontré que le régime islamique dispose d’un noyau solide de soutien. L’opposition intérieure n’a pas disparu, mais le régime utilise impitoyablement la force pour écraser les manifestations, ayant tué des milliers de personnes en janvier lors des protestations dans les rues.
Si l’escalade entre les deux parties peut être contenue, les médiateurs impliqués dans le processus de négociation estiment qu’il est possible de conclure un accord avec l’Iran permettant le transit maritime dans le détroit. Cela devrait faire partie d’un accord plus large qui dégelait les actifs iraniens détenus à l’étranger et permettait à l’Iran de vendre son pétrole. Trump devra accepter cette réalité diplomatique.
