Une enquête révèle que le Royaume-Uni a gaspillé 10 milliards de livres sterling en équipements de protection
Des millions de livres gaspillées dans la précipitation
Samael.lol – Les vies des professionnels de santé et des patients ont été mises en danger durant la pandémie en raison d’un manque criant d’équipements de protection individuelle (EPI). Selon les conclusions de l’enquête sur le Covid, près de dix milliards de livres sterling ont été dépensées inutilement dans une course effrénée pour acquérir davantage de matériel. La présidente de cette commission, la baronne Hallett, a vivement critiqué ce gaspillage considérable, évalué à 9,9 milliards de livres, soit les deux tiers des 14,9 milliards consacrés aux EPI par l’État britannique.
Le pays a fait face à la crise sanitaire avec des stocks de masques, de combinaisons et de gants dans un état critique. Cette situation rendait le Royaume-Uni incapable de participer efficacement à la compétition mondiale pour sécuriser ses approvisionnements. La baronne Hallett a également qualifié de contre-productive la voie VIP, cette procédure controversée qui favorisait les offres provenant de personnes ayant des liens politiques. Elle estime que cette politique ne devrait plus être reproduite à l’avenir.
Des chiffres alarmants sur les dépenses publiques
Lorsque l’on ajoute le coût des kits de test à domicile et d’autres dispositifs médicaux comme les ventilateurs, le montant total dépensé par le gouvernement entre janvier 2020 et juin 2022 dépasse les 42 milliards de livres sterling. Les réserves d’urgence destinées à couvrir au moins quinze semaines avant d’être renouvelées s’épuisaient déjà à la fin du mois de mars 2020, alors que la demande hospitalière explosait.
« Une meilleure planification aurait conduit à des décisions d’achat plus équitables, plus rapides et moins coûteuses », conclut le rapport.
Seulement un tiers des masques stockés en Angleterre restaient utilisables, tandis que l’Écosse ne disposait d’aucun masque respiratoire de haute qualité utilisé dans les établissements de santé. À cette période, les maisons de retraite, les cabinets médicaux et les pharmacies devaient tous trouver leurs propres équipements, ce que le rapport juge comme une « erreur majeure de planification ». Au total, le gouvernement britannique a dû constater une perte de 9,9 milliards de livres sur des EPI inutilisés ou périmés, ainsi que 157 millions de livres pour du matériel médical non exploité.
La voie VIP et les controverses
Le programme du « défi ventilateur », où les fournisseurs devaient développer rapidement des appareils respiratoires, a entraîné une autre charge de 143 millions de livres pour des conceptions qui n’ont jamais atteint la production. En Écosse, environ 8 millions de livres d’équipements médicaux, incluant des kits de test et des EPI, ont été perdus. Au pays de Galles, 18 millions de livres ont été consacrés à des EPI inutilisés, et en Irlande du Nord, 43 millions de livres de masques, combinaisons et gants risquaient d’expirer avant utilisation.
L’enquête souligne que s’il valait mieux avoir acheté trop d’EPI plutôt que trop peu, il aurait été préférable d’ajuster plus précisément l’offre à la demande. Les plans de contingence gouvernementaux n’avaient jamais été testés sous pression, obligeant les fonctionnaires et les ministres à improviser et à mettre en place de nouveaux systèmes d’achat et de distribution d’urgence en quelques jours.
En Angleterre, une voie dite VIP – officiellement appelée voie à haute priorité – a été créée pour attribuer les contrats d’EPI. Mise en place en avril 2020, cette initiative visait à traiter avec plus d’urgence les offres accompagnées d’une recommandation de ministres, de députés, de membres de la Chambre des lords ou d’autres hauts fonctionnaires. L’enquête a critiqué cette politique comme une « tentative maladroite de priorisation » qui a « ancré l’injustice dans les achats d’urgence ».
« La voie à haute priorité n’aurait pas dû être créée et ne doit pas être répétée », conclut le rapport.
Cependant, la baronne Hallett n’a pas identifié de favoritisme ni de corruption de la part des ministres et des fonctionnaires lors de l’attribution finale des contrats. Sur le réseau social X, l’ancien ministre du Cabinet Office Michael Gove a qualifié les allégations de corruption de « bêtises infondées » tout en assumant pleinement les « erreurs honnêtes » commises. En février 2025, l’enquête a consacré une journée à entendre les témoignages concernant PPE Medpro, l’entreprise liée à l’homme d’affaires Doug Barrowman et à son épouse la baronne Michelle Mone. Tous deux ont nié toute faute dans le cadre de ces contrats évalués à plus de 200 millions de livres.
