Henry Zeffman: What does Keir Starmer do next after Andy Burnham’s Makerfield win?
Henry Zeffman : Que va-t-il se passer après la victoire d’Andy Burnham à Makerfield ?
Henry Zeffman – Depuis que Andy Burnham a remporté l’élection de Makerfield ce matin, les députés du Parti travailliste me transmettent des messages tels que “délirant”, “un peu déconnecté” ou “complètement perdu”. Ces commentaires reflètent l’avis de nombreux membres du parti sur Sir Keir Starmer, le chef du Parti travailliste qui, il y a moins de deux ans, a ramené le mouvement au pouvoir après une longue absence de 14 ans. Cet élan a suivi la défaite historique du Parti travailliste lors de l’élection générale de 2019. Malgré ces différences d’opinion, les députés, quels que soient leurs groupes, leurs générations ou leur statut ministériel, s’accordent sur un point : Sir Keir s’apprête à entrer dans une phase cruciale.
Une bataille de leadership imminente
À l’inverse, Starmer et ses soutiens affirment que ceux qui réclament son départ sont en fait dans l’erreur. Leur argument principal est que la vision d’un parti gouvernemental divisé, tel que le public a voté pour laisser derrière lui les Tories, ne doit pas être reproduite. Un document circulé parmi les supporters du Premier ministre souligne que les électeurs avaient jugé les Tories comme “seuls intéressés par eux-mêmes”, “déshonnêtes” et “séparés”. “Nous ne devons pas nous laisser marquer de la même façon”, précise-t-on dans ce document.
“Quand les conservateurs ont perdu l’élection précédente, les Britanniques étaient le plus souvent enclins à les voir comme ‘seulement préoccupés par leurs propres intérêts’, ‘désespérés’ et ‘divisés’.”
Mais malgré ses mises en garde contre la division, plusieurs députés du Parti travailliste s’expriment aujourd’hui avec une certaine cohérence. Ils croient de plus en plus en la certitude d’une éventuelle accession à Downing Street de Burnham, et l’incertitude réside désormais dans le chemin exact pour y parvenir. Le mot qui commence à circuler pour décrire le processus de sélection du leader est “coronation”. Cela signifie que les députés pensent qu’une élection de leadership ne sera pas nécessaire, et que Burnham pourrait être élu sans opposition.
Une éventualité complexe pourrait toutefois entraver ce scénario. Wes Streeting, ancien ministre de la Santé, a quitté son poste en protestation contre le leadership de Starmer en avril. Bien que certains de ses collègues expriment un doute modéré, Streeting a insisté ces derniers jours sur son soutien parmi les 81 députés requis pour déclencher une contestation. Le verdict pourrait être rendu dans les jours à venir, mais il sera probablement soumis à une pression significative, même de la part de certains de ses alliés, pour permettre une transition rapide.
Le principal défi reste néanmoins Starmer lui-même, qui a répété ce matin son intention de se présenter à une élection de leadership. Selon les règles du Parti travailliste, il n’a pas besoin du nombre magique de 81 députés pour être inscrit. En tant que chef du parti, il est automatiquement sur la liste des membres du parti. Dans ce sens, il n’y a pas de “coronation” : une consultation des membres du Parti travailliste est inévitable. Starmer n’a pas besoin du soutien de ses députés, encore moins de 81 d’entre eux, mais cela ne change pas le fait qu’il est également Premier ministre.
Dans notre système politique, le Premier ministre ne peut gouverner que s’il détient la confiance d’une majorité des députés. C’est cette réalité qui a forcé Boris Johnson à démissionner en 2022, car il ne pouvait plus former un gouvernement fonctionnel. La question centrale reste donc : Sir Keir a-t-il encore le soutien suffisant de ses collègues pour conduire le gouvernement ? C’est ce que les prochains jours devraient révéler.
Pour l’instant, le Premier ministre affirme que “l’élection de leadership déchirerait notre parti et notre mouvement”. Cependant, si une telle élection est déclenchée, il devra prouver que la désunion actuelle ne provient pas de sa propre volonté de survie. Cette déclaration reflète une tension interne croissante, où les stratégies de chaque camp s’affinent. Tandis que certains prônent une continuité, d’autres voient dans ce conflit une opportunité de renouveau. L’avenir du Parti travailliste pourrait bien dépendre de cette bataille, à la fois symbolique et pratique, qui s’annonce.
