Le plan de défense de Starmer aidera-t-il le Royaume-Uni à atteindre la cible de dépenses de l’Otan ?
Samael.lol – Le gouvernement britannique a rendu public le plan d’investissement défensif (DIP) retardé, et le premier ministre Sir Keir Starmer a affirmé que les nouvelles dépenses marquent un « déplacement historique pour notre nation ». BBC Verify examine comment le gouvernement alloue davantage de fonds à la défense au cours des prochaines années, ainsi que la faisabilité de ses engagements envers l’Otan.
Le budget total du ministère de la Défense pour la période 2026-2027 s’élève à 68,3 milliards de livres, selon le DIP. Toutefois, une mesure spécifique, les « dépenses de défense qualifiées OTAN », englobe davantage de dépenses que le budget du ministère, notamment celles liées aux pensions militaires. Selon cette mesure, l’UK a dépensé environ 70 milliards de livres en 2025, ce qui correspond à 2,4 % du PIB de la Grande-Bretagne. Starmer s’est engagé en février 2025 à augmenter ces dépenses à 2,5 % du PIB d’ici 2027.
Les engagements de l’Otan et les défis britanniques
À la summit de l’Otan à La Haye en juin 2025, le Royaume-Uni et d’autres membres se sont engagés à investir 5 % du PIB dans la défense et la sécurité d’ici 2035. Parmi ces 5 %, 3,5 % seront dédiés aux « dépenses de défense centrales », tandis que les 1,5 % restants couvriront des actions comme la protection des infrastructures critiques, la défense des réseaux, la préparation civile, l’innovation et la consolidation de la base industrielle de la défense.
Starmer a déclaré lundi que les mesures du DIP « nous conduisent à 4,2 % sous cet engagement ». Cependant, la figure de 2,7 % du PIB pour 2030, mentionnée dans le DIP, semble insuffisante pour atteindre les objectifs fixés pour 2035. Healey, ancien secrétaire à la Défense, a indiqué que le DIP présenté à son départ ne prévoyait qu’une augmentation des dépenses de défense qualifiées OTAN à 2,68 % en 2030, ce qui, selon lui, ne suffit pas à « défendre le pays face à des menaces en augmentation ».
Dans son message sur X, Healey a souligné la nécessité d’une « date cible » pour atteindre les 3 % du PIB et d’un « plan clair » pour assurer la progression vers la cible de l’Otan, soit 3,5 % du PIB d’ici 2035. Le DIP, en revanche, affirme que le Royaume-Uni « remplira cet engagement » d’ici 2035, sans préciser les taux annuels pour les années suivantes.
Les perspectives budgétaires et les ajustements attendus
Le DIP stipule que les dépenses de défense atteindront 2,7 % du PIB à l’horizon 2027-2028. Il ne fournit pas d’estimation détaillée pour les années suivantes, mais il indique que ces dépenses resteront à 2,7 % du PIB jusqu’à la fin de la décennie. Cela suggère que la proportion du PIB allouée à la défense ne connaîtra pas de changement entre 2027 et 2030, en dépit des ambitions exprimées par Starmer.
Le premier ministre a souvent affirmé que le gouvernement alloue 270 milliards de livres à la défense durant cette législature, un montant « le plus important d’augmentation continue de la dépense militaire depuis les années 1980 ». Ce chiffre représente le total des dépenses en espèces du budget du ministère de la Défense, couvrant les quatre ans de 2025 à 2029. Le DIP ajoute « un montant supplémentaire de 15 milliards de livres » à ce budget, portant le total à 285 milliards de livres.
Les chiffres indiquent que, depuis le départ de Healey du cabinet de Starmer, le gouvernement a trouvé 1,5 milliard de livres supplémentaires pour la défense. Cela se traduit par une augmentation de 2,7 % du PIB par rapport aux projections antérieures. Pourtant, l’écart entre la cible actuelle de 2,7 % et le but d’atteindre 3 % du PIB demeure significatif, et le plan n’explique pas comment le Royaume-Uni pourra progresser de manière soutenue jusqu’à 2030.
Les critiques et les perspectives incertaines
Des rapports ont révélé un déficit de 28 milliards de livres dans le budget défensif britannique. Ce chiffre a été initialement rapporté par le Times en janvier. Le journal affirmait que le chef d’état-major de la défense, l’amiral Sir Richard, avait souligné cet écart. Starmer a, en revanche, insisté sur la trajectoire définie par le DIP, soutenant que ce plan permettrait d’atteindre les 3 % du PIB d’ici la prochaine législature.
Les experts soulignent cependant que le DIP, bien que prometteur, manque de détails sur la gestion des budgets futures. Sans des révisions supplémentaires ou des engagements plus ambitieux pour les années suivantes, il est difficile de voir comment le Royaume-Uni pourrait accélérer ses dépenses pour répondre à la cible de l’Otan. La publication du DIP marque un pas en avant, mais le chemin vers la réalisation des objectifs reste encore long et incertain.
Dans un autre contexte, le budget de l’UK a été révélé en janvier 2025 par le Times comme présentant un déficit de 28 milliards de livres. Cet article souligne que, bien que le gouvernement ait ajusté ses projections après le départ de Healey, les défis restent nombreux. Les discussions sur la trajectoire budgétaire doivent donc continuer, car les évolutions dans les années à venir détermineront si l’UK parviendra à respecter ses engagements internationaux.
Les chiffres clés et leur signification
Le DIP indique que les dépenses de défense qualifiées OTAN devraient atteindre 2,68 % du PIB en 2030, soit une hausse de 0,02 % par rapport aux prévisions antérieures. Cette augmentation correspond à 600 millions de livres supplémentaires en 2030, en tenant compte de l’inflation. Cependant, Healey a jugé cette figure insuffisante, rappelant que le Royaume-Uni devrait investir 3 % du PIB d’ici 2030, une cible plus élevée que celle actuellement proposée.
L’objectif de 2,7 % du PIB pour 2030 implique une progression lente, avec des investissements supplémentaires nécessaires pour les années suivantes. Le gouvernement doit donc clarifier sa stratégie pour garantir cette montée en puissance. Les révisions budgétaires futures pourraient modifier le tableau, mais à ce stade, les détails restent encore à préciser.
Dans son discours, Starmer a répété que les 270 milliards de livres alloués à la défense sont le plus important effort d’augmentation historique. Le DIP apporte un soutien à cette affirmation, en ajoutant 15 milliards de livres supplémentaires. Cela signifie que, sur la période 2025-2029, les dépenses de défense devraient progresser, bien que la trajectoire vers 3 % du PIB reste à démontrer.
Ainsi, malgré les efforts du gouvernement, les défis budgétaires et les attentes internationales exigent une vigilance accrue. Les politiques défensives du Royaume-Uni doivent continuer à s’adapter aux évolutions des menaces, tout en satisfaisant les engagements de l’Otan. Le DIP reste un premier pas, mais la réalisation des cibles dépendra des décisions futures.
